http://www.dhnet.be/infos/faits-divers/article/173123/en-laisse-et-museliere
.html
En laisse et muselière ! (18/05/2007)
Le ministre Courard propose trois mesures fortes et claires aux communes
wallonnes contre les chiens méchants
NAMUR Le combat fait rage depuis quelques jours en Région wallonne entre les
autorités politiques, communales ou régionales et certains propriétaires de
chiens dangereux.
Le ministre wallon, Philippe Courard, PS, entre à son tour dans la danse des
mesures de répression.
Pourquoi ne pas avoir réagi plus tôt, M. le Ministre ? "Je ne voulais pas
prendre des mesures pour prendre des mesures. Je voulais avoir l'avis de
l'Union des villes et communes et des spécialistes de mon cabinet."
On annonce un plan wallon spécifique contre les chiens méchants. Pouvez-vous
nous en dire plus ? "Il faut distinguer trois éléments précis dans la lutte
contre les chiens dangereux : ce qui se passe à l'intérieur de la maison, ce
qui se passe dans le jardin et ce qui se passe en rue. Nous prenons des
mesures spécifiques pour chaque cas de figure."
Voici les nouvelles mesures que le ministre propose aux communes :
Dans la maison : le propriétaire est responsable de son chien. Il doit
l'éduquer et le former afin qu'il ne soit pas dangereux pour son entourage.
Dans le jardin : le chien devra porter une muselière parce qu'il pourrait se
sauver. Surtout s'il est sans surveillance physique. Il faut protéger
l'ensemble des voisins et des riverains.
En rue : le chien doit avoir une laisse et une muselière. Il peut à tout
moment être dangereux pour les promeneurs, qu'il s'agisse des adultes ou des
enfants.
Pas d'interdiction pure et dure
Qu'est-ce qu'un chien dangereux ? Avez-vous dressé une liste ? "Non, les
communes devront dresser une liste sur base de la liste qui se trouve au
niveau fédéral."
Pourquoi ne pas les interdire complètement ? "Je ne veux pas entrer dans une
polémique d'interdiction pure et dure."
Ces mesures, vous ne pouvez pas les imposer aux communes wallonnes.
Vont-elles toutes vous suivre ? "Nous collaborons avec l'Union des villes et
communes pour aboutir à un texte commun. Il y a donc un consensus et un
dialogue permanent."
Il ne reste plus qu'à mettre ces mesures en pratique !
V. Li.
Une victime sur cinq à l'hôpital
En Belgique, il y aurait actuellement plus de 1,5 million de chiens, d'après
une enquête menée par le professeur Nolens de la KUL.
Par an, le nombre de personnes mordues par un chien se situerait entre
35.000 et 40.000.
Qu'arrive-t-il aux personnes qui sont mordues par les chiens ? De très
nombreuses études menées chez nous et en Europe montrent l'ampleur de s
dégâts :
dans 60 à 65 % des cas, les victimes de morsures de chien sont des enfants
et des adolescents;
65 % de ces accidents surviennent dans la sphère privée;
dans 93,8 % des cas, la victime connaît le chien;
dans 18 cas sur 100, la pose de points de suture et la dispensation de
traitements médicamenteux ont été nécessaires;
dans 1 cas sur 5, la victime a dû être hospitalisée;
dans 22 % des cas, la victime présentait des blessures au visage.
D'après des estimations, le coût social des indemnisations en responsabilité
civile dépasserait les 21 millions d'euros. Et il ne s'agit là que du coût
lié à la souffrance essentiellement matérielle. Divers pays européens ont
tenté de s'attaquer à cette problématique en éradiquant certaines races de
chiens par le biais d'une politique de stérilisation systématique (en 1991,
en Grande-Bretagne). D'autres pays ont posé des gestes : Pays-Bas, France et
Allemagne. Cette dernière s'est dotée d'une législation interdisant
l'élevage et la possession de chiens d'attaque.